Justement, un peu plus loin sur la droite, un eboulement de pierre bloque la route et contraint notre bus a s'arreter en attendant l'arrivee des machines a deblayer. On arrive a passer mais nous ne sommes toujours pas au bout de nos peines. En effet, une riviere a deborde formant un puissant torrent qui coupe la route pour se jeter dans le ravin. Devant nous, un camion s'y est embourbe. Il faut un bon moment pour le degager. Dans notre bus, tous les passagers, nous compris, sommes scotches le long de la vitre cotes gauche tant la scene est saisissante. Le chauffeur de notre bus ne reculant devant rien met le moteur en marche et s'apprete a son tour a franchir la riviere debordante, a notre grande surprise. En une fraction de seconde, tous les passagers regagnent leur siege dans le silence, les yeux ecarquilles et retiennent leur souffle. "Ca va passer, ca va passer, ca va passer ... Ouf ! C'est moi le roi de la route ..." Dans le meme genre, nous traversons a plusieurs reprises d'autres rivieres, moins larges cependant. Aux abords des premieres maisons, notre bus s'arrete encore une fois pour laisser passer une procession religieuse ... Normal, Vendredi Saint.
Nous arrivons a Santa Maria avec 3h30 de retard. Par chance, nous attrappons le dernier collectivo pour Santa Teresa. Et c'est reparti pour un tour ! Mais cette fois dans le noir, la nuit est deja tombee. Avec nous Mickael, les mains dans les poches, un jeune de Lima avec qui nous sympathisons et une mamita chargee d'enormes paquets de foin, que l'on est limite oblige de prendre sur nos genoux. Dans le microbus, elle nous offre de l'Inca Kola (soda de couleur jaune fluo, emblematique du Perou) que l'on essaie tant bien que mal de boire sans en renverser sur nous. Deux heures de collectivo sur une route encore plus cahoteuse. On commence a avoir les fesses toutes endolories. A peine arrivees a Santa Teresa, Paul, 16 ans, nous tombe dessus pour nous proposer une chambre en auberge. C'est 8 soles, il est tard, nous sommes fatiguees, nous le suivons sans chercher ailleurs. A part les fourmis geantes, la chambre est assez confortable. Notre nouvel ami nous conseil un petit resto ou l'on mange tres bien : chupe, tortillas, arroz con papas, mate. Le lendemain, de nouveau un bus pour la fameuse centrale hydroelectrique. Le seul hic, c'est qu'il ne part pas tant qu'il n'est pas plein. Nous avons attendu deux heures a la terrasse du petit restaurant de la veille, a apprendre le francais au serveur.
Le trajet pour nous rendre la-bas, c'est 45 minutes de tape-cul. Heureusement pour nous, un nouveau pont a ete inaugure 15 jours plus tot nous evitant de prendre la tyrolienne pour traverser la riviere, l'Urubamba - quoique cela aurait ete marrant a faire. A la centrale hydroelectrique, les touristes doivent se presenter a un poste de controle. Sur le registre, un cerain Jean-Paul Belmondo est passe par la quelques jours avant ... Puis nous entamons une longue marche difficile le long de la voie ferree jusqu'a Aguas Calientes a travers la foret luxuriante. Il fait chaud et humide. Nous sommes attaquees par des petits insectes. En contrebas l'Urubamba charrie a grandes eaux et gronde fort. Plus loin, un grand pont de fer rouille qui ne tient on ne sait comment (peut-etre par un grand mystere et deux piquets tout droits).Nous sommes parmi les premieres, ce qui nous permet de commencer la visite du site tranquillement. L'ambiance est assez enigmatique, nous decouvrons petit a petit le site car il est recouvert par un epais brouillard et chacune des constructions se revele a notre approche. Nous furetons dans tous les recoins a la recherche de petits details.
Petit moment de repis avant le chemin du retour. Machu Picchu - centrale hydroelectrique en une seule traite. Nous arrivons pour le dejeuner.
Nous prenons ensuite un combi pour Santa Maria ou nous dormons une nuit. Nous partageons la chambre avec Brisa, une chilienne bien rigolote. Le retour a Cuzco se fait en bus, la routine. Les memes obstacles qu'a l'aller avec juste en prime une roue crevee a changer. On est bien contente de retrouver Cuzco et de prendre enfin une bonne douche ... meme froide !
2 commentaires:
"Excursion" idéale pour aider à digérer le "cuy" :)
Bon, ma Chloé, quelques misères et plein, plein de belles choses!
Bises à vous toutes et revenez nous, nous vous attendons.
Charline
BRAVO LES FILLES !!, alors tout est possible ...
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