PRÉLUDE ...

Bienvenue à tous ! Voici le récit au quotidien (ou presque...) d'un petit voyage de trois mois en Amérique Latine. Pas de thème particulier, si ce n'est découvrir, rencontrer, discuter, marcher, prendre son temps, vivre à cent à l'heure... être tout simplement ailleurs un moment. Des tours et détours sont prévus dans cette aventour que nous vous proposons de partager avec nous. Alors prenez votre ticket, c’est parti !

dimanche 29 avril 2007

Le Machu Picchu

Vendredi Saint. Levees de bonne heure le matin, nous nous dirigeons hativement vers le terminal "El Paso Santiago" pour prendre un bus a 8h, direction Santa Maria. Une heure apres nous ne sommes toujours pas parties ... Ici, les gens n'ont pas l'air presses, ils rentrent dans le bus poser leurs bagages, ils ressortent tranquillement faire leurs petites courses. A travers la vitre du bus nous assistons a un vrai spectacle de vie quotidienne ; la mamita qui vend ses petits pains, el caballero et son panier de fromage, une expedition en bicyclette qui se prepare difficilement, un gars au look d'aventurier qui ne tient pas en place en roulant des mecaniques. Tout en le regardant faire ses allees et venues, un pressentiment s'installe : ce mec la, il va venir nous aborder. Deux minutes plus tard, l'aventurier et ses accolytes s'asseoient sur les sieges juste devant nous. Petit clin d'oeil, il nous dit avec sa voix de baryton : "¡ Hola chicas !"... Enfin, le bus part. Mais une demie-heure apres, il s'arrete de nouveau pour une pause dejeuner. A cette occasion nous sympathisons avec l'aventurier, Jose, un homme tres gentil, serviable et tres interessant a ecouter. Anthropologue, il travaille dans la region et nous renseigne sur les retombees des decisions politiques dans les villages des cuencas (vallees). Le bus repart, mais un quart d'heure plus tard, nouvel arret ; Chloe, malade, a vomi. On l'autorise a rester a l'avant du bus a cote du chauffeur. Arrives a Ollantaytambo, Jose defie les regards menacants et impatients des passagers et se precipite dans une boutique pour lui acheter un medicament miracle a macher. Nous repartons de nouveau. Nous prenons de l'altitude, la brume se leve et la pluie se met a tomber. La route accidentee et glissante n'est pas plus large que le bus, d'un cote le flanc de la falaise et ses risques d'eboulement, de l'autre le precipice. A chaque virage, le coeur se souleve, les mains s'aggrippent aux accoudoirs, les yeux se ferment.

Justement, un peu plus loin sur la droite, un eboulement de pierre bloque la route et contraint notre bus a s'arreter en attendant l'arrivee des machines a deblayer. On arrive a passer mais nous ne sommes toujours pas au bout de nos peines. En effet, une riviere a deborde formant un puissant torrent qui coupe la route pour se jeter dans le ravin. Devant nous, un camion s'y est embourbe. Il faut un bon moment pour le degager. Dans notre bus, tous les passagers, nous compris, sommes scotches le long de la vitre cotes gauche tant la scene est saisissante. Le chauffeur de notre bus ne reculant devant rien met le moteur en marche et s'apprete a son tour a franchir la riviere debordante, a notre grande surprise. En une fraction de seconde, tous les passagers regagnent leur siege dans le silence, les yeux ecarquilles et retiennent leur souffle. "Ca va passer, ca va passer, ca va passer ... Ouf ! C'est moi le roi de la route ..." Dans le meme genre, nous traversons a plusieurs reprises d'autres rivieres, moins larges cependant. Aux abords des premieres maisons, notre bus s'arrete encore une fois pour laisser passer une procession religieuse ... Normal, Vendredi Saint.

Nous arrivons a Santa Maria avec 3h30 de retard. Par chance, nous attrappons le dernier collectivo pour Santa Teresa. Et c'est reparti pour un tour ! Mais cette fois dans le noir, la nuit est deja tombee. Avec nous Mickael, les mains dans les poches, un jeune de Lima avec qui nous sympathisons et une mamita chargee d'enormes paquets de foin, que l'on est limite oblige de prendre sur nos genoux. Dans le microbus, elle nous offre de l'Inca Kola (soda de couleur jaune fluo, emblematique du Perou) que l'on essaie tant bien que mal de boire sans en renverser sur nous. Deux heures de collectivo sur une route encore plus cahoteuse. On commence a avoir les fesses toutes endolories. A peine arrivees a Santa Teresa, Paul, 16 ans, nous tombe dessus pour nous proposer une chambre en auberge. C'est 8 soles, il est tard, nous sommes fatiguees, nous le suivons sans chercher ailleurs. A part les fourmis geantes, la chambre est assez confortable. Notre nouvel ami nous conseil un petit resto ou l'on mange tres bien : chupe, tortillas, arroz con papas, mate. Le lendemain, de nouveau un bus pour la fameuse centrale hydroelectrique. Le seul hic, c'est qu'il ne part pas tant qu'il n'est pas plein. Nous avons attendu deux heures a la terrasse du petit restaurant de la veille, a apprendre le francais au serveur.

Le trajet pour nous rendre la-bas, c'est 45 minutes de tape-cul. Heureusement pour nous, un nouveau pont a ete inaugure 15 jours plus tot nous evitant de prendre la tyrolienne pour traverser la riviere, l'Urubamba - quoique cela aurait ete marrant a faire. A la centrale hydroelectrique, les touristes doivent se presenter a un poste de controle. Sur le registre, un cerain Jean-Paul Belmondo est passe par la quelques jours avant ... Puis nous entamons une longue marche difficile le long de la voie ferree jusqu'a Aguas Calientes a travers la foret luxuriante. Il fait chaud et humide. Nous sommes attaquees par des petits insectes. En contrebas l'Urubamba charrie a grandes eaux et gronde fort. Plus loin, un grand pont de fer rouille qui ne tient on ne sait comment (peut-etre par un grand mystere et deux piquets tout droits). Aguas Calientes - horrible - une ville completement artificielle cree pour accueillir les touristes avant l'ascension du Machu Picchu. Nous ne nous y sentons pas a l'aise. Et puis c'est ici, suite a une mauvaise manipulation du clavier ordinateur que nous vidons completement notre cle USB ou sont stockees nos photos. Heureusement Christelle a ramene en France une sauvegarde de celles-ci et il nous en reste une partie sur les cartes memoires de l'appareil photo. La cerise sur le gateau, les tarifs d'entree pour le Machu Picchu ont triple en deux ans, 60 soles pour les etudiants, 120 soles pour les autres (respectivement 15 et 30 euros !). D'habitude Levana reussi toujours a passer pour une etudiante, mais cette fois cela n'a pas fonctionne. Pour oublier nous avons passe notre apres-midi dans un bar de la gare a broyer du noir ... Le lendemain, nous partons avec les lampes torches pour le Machu Picchu des 4 heures du matin. D'emblee nous sommes oppressees par l'atmosphere humide, il fait chaud. Nous marchons lentement comme nous l'avons appris lors de notre excursion au Misti. Le chemin est ammenage par une serie de marches hautes a gravir. On arrive deux heures plus tard, trempees, a l'entree du site. Le jour se leve, mais la brume est toujours persistante, on devine a peine les monts qui font face au Machu Picchu.

Nous sommes parmi les premieres, ce qui nous permet de commencer la visite du site tranquillement. L'ambiance est assez enigmatique, nous decouvrons petit a petit le site car il est recouvert par un epais brouillard et chacune des constructions se revele a notre approche. Nous furetons dans tous les recoins a la recherche de petits details.

Vers 9 heures, le ciel commence a se degager, les touristes arrivent en masse, nous sommes au pied de la maison du gardien et nous dominons l'ensemble du site - magnifique.

Petit moment de repis avant le chemin du retour. Machu Picchu - centrale hydroelectrique en une seule traite. Nous arrivons pour le dejeuner.

Nous prenons ensuite un combi pour Santa Maria ou nous dormons une nuit. Nous partageons la chambre avec Brisa, une chilienne bien rigolote. Le retour a Cuzco se fait en bus, la routine. Les memes obstacles qu'a l'aller avec juste en prime une roue crevee a changer. On est bien contente de retrouver Cuzco et de prendre enfin une bonne douche ... meme froide !

vendredi 27 avril 2007

Cuzco

Dimanche 1 er avril, nous arrivons au petit matin dans la ville imperiale de Cuzco sous une bruine persistante. Ce jour-la marque le debut de la Semaine Sainte, qui correspond a Paques. Cet evenement tres important est marque par une serie de processions dans la ville. D'ailleurs nous avons eu l'occasion d'assister a la plus importante, celle du Señor de los Temblores. Cuzco est une ville qui monte et qui descend avec des ruelles etroites et pavees debouchant sur des grandes places entourees d'arcades. Dans le centre, de nombreux edifices religieux ont ete batis sur les bases de temples incas. La difference entre les deux types d'architecture est assez flagrante, d'un cote les murs inclines de grands blocs de pierre incas finements tailles et parfaitement assembles, de l'autre les murs droits en petites briques des batiments religieux. Par exemple, le temple de Koricancha qui se trouve dans l'actuel couvent de Santo Domingo ou le palais de Hatunrumiyuc (dans lequel se trouve la fameuse pierre aux 12 angles) dans l'actuel musee de l'archeveche. La cathedrale de Cuzco, imposante, fut batie dans l'ancien temple de Wiracocha.
Nos experiences passees nous ayant donne une tres bonne opinion des backpackers, c'est avec enthousiasme que nous nous sommes rendues a l'auberge Loki Backpackers. Mais nous ne nous attendions pas a une colonie de vacances d'anglo-saxons surexcites et ne parlant pas un mot d'espagnol ; un personnel execrable sauf le portier adorable. Nous nous sommes echappees apres une seule nuit. A l'Hotel los Andes de San Blas ou vivent Puma (son nom Quechua) et sa famille, nous nous sommes denichees une petite chambre modeste mais propre et confortable dans laquelle nous avons dormi une semaine.
Ce dimanche, nous ne pouvions manquer le fameux marche de Pisac a une trentaine de km de Cuzco. Des couleurs, des odeurs, des saveurs ... y mucho calor ! De quoi satisfaire nos 5 sens. Le seul hic : c'est la premiere fois que tous les commercants nous parlent en anglais, on finit par mentir et repondre en reaction : "No entendimos ingles !" a leur grand etonnement. Finalement c'est la bonne combine parce que ca les deride et les rend du coup beaucoup plus aimables. Apres avoir deambule entre les differents etals, nous partageons une tablee avec les gens du coin pour manger une bonne platree de pates accompagnee de poulet et de Rocoto relleno (poivron farci).
La journee se poursuit par une longue balade a travers les ruines incas, ca n'en finit pas de monter. Ce site archeologique (le seul dont on ait sauvegarder quelques photos) est le premier d'une longue serie que nous avons visites aux alentours de Cuzco : Tambomachay, Pukapukara, Q'enqo, Saqsaywaman, Ollantaytambo, Pikillacta (le seul site de la liste pre-inca). Bref des pierres, des pierres et des pierres !!
Pour se rendre a tous ces sites, c'est assez simple il faut juste trouver le bon terminal ... Il faut savoir que chacune de ces destinations a un terminal de bus different dissemine aux quatre coins de la ville, ce qui nous a permis de decouvrir Cuzco autrement et au-dela de son centre historique.
Autre experience interessante, la gastronomie peruvienne. Contrairement a d'habitude, l'hotel ne nous permet pas de nous preparer nos propres plats et nous "contraint" a manger a l'exterieur. Nous nous sommes faites plaisir en decouvrant un plat typique chaque soir (lomo saltado, sopa a la minuta, chairo, papas a la huancaina...). Nous avions entendu parler depuis longtemps du fameux Cuy (cochon d'inde) et c'est sans hesiter que Chloe et Lisandre commandent un soir un Cuy al horno entier. Nous ne nous doutions encore de rien ... De-gueu-lasse !! Le Cuy, entier mais coupe en deux dans le sens de sa longueur, est presente avec toutes ses entrailles, ses griffes, ses dents et ses yeux carbonises. Le gout de sa viande tres forte est a la hauteur de ce spectacle ecoeurant, nos assiettes sentent la bete crevee. Oui, cela nous a bien marque ! Du coup nous avons bu un litre de Chicha morada pour faire passer le gout. La Chicha morada, a ne pas confondre avec la Chicha alcoolisee, est une delicieuse boisson a base de mais brun sucree.
Un autre evenement important de la semaine qui fait concurrence au devoir religieux : la rencontre opposant la Cienciano de Cuzco ( Perou) a la Boca Junior de Buenos Aires ( Argentine) lors de la Copa Libertadores. Eh oui, c'est du foot et c'est autour d'une biere cuzquenienne que nous avons soutenu l'equipe de Cuzco qui a gagne 3-0. Ce fut une fete memorable...

mercredi 18 avril 2007

" Ari Quepay " - Arequipa ( du 23 au 31 mars )

Note preliminaire : O rage, O desespoir ... A notre grand regret, nous ne pouvons pas vous montrer nos jolies photos de cette ville magnifique puisque nous les avons en grande partie perdues mises a part quelques vues du Misti qui ont pu etre sauvees. Ainsi, pour illustrer ce post nous sommes allees chercher des images sur internet. " ¡ Are Quepay !" en Quechua signifie " Oui,fgi "¡ Are Quepay ! " en Quechua signifie " Oui, nous restons ! " . En effet, nous ne nous sommes pas faites prier pour y sejourner une bonne semaine. Et c'est la que nous avons pete les plombs ... Nous nous sommes jetees comme des furies sur les etals, non pas de bouffe pour une fois, mais d'artisanat se laissant seduire par les tissus brodes typiques de la region, les chapeaux, les petits sacs, les ceintures, les chaussettes en poils d'alpaca ... Ca fait du bien ! Entre deux achats nous avons tout de meme pris le temps de visiter cette ville tres sympathique ... mais aussi tres differente de ce que l'on a pu voir jusqu'a present. C'est le Perou ! Ca grouille de monde, ca crie a tous les coins de rues. Les "Boseadores" des collectivos hurlent leurs listes de destinations avec un debit impressionant a faire sursauter les "Gringos". Difficile de se frayer un chemin a travers l'attroupement forme par la file d'attente. De meme, nous n'avons jamais vu autant de taxis se suivre a la queue leu leu dans des rues aussi etroites que celle de la Cruz Verde. Il n'etait pas rare de trebucher sur un chariot de humitas et de tamales, degageant une odeur allechante, pousse par une femme en habit traditionnel. On a adore !

Les batiments sont aussi impressionants. Ils en imposent par leur taille et surtout par leurs facades foisonnantes de motifs sculptes : les traditions espagnoles et incaiques sont intimement liees dans l'architecture arequipenienne. Unique. A Arequipa, on est frappe par le nombre considerable d'eglises toutes aussi jolies les unes que les autres, en particulier la cathedrale.

Une autre forme d'art dans lequel le metissage se fait ressentir, c'est la peinture de l'ecole cusquenienne dont nous avons pu admirer quelques tableaux a la Casa Moral, au musee historique et le plus beaux, au couvent Santa Catalina. Le couvent bati au XVI eme siecle, reconstruit a plusieurs reprises suite a des tremblements de terre, est une veritable ville dans la ville. Plein de petits recoins sont a decouvrir derriere ces murs en sillar (pierre volcanique typique de la region) colores de rouge, de bleu et d'orange. Nous nous sommes laissees charmees par le lieu et son calme spirituel.

Apres les soeurs, nous sommes allees rendre visite aux freres franciscains du couvent de la Recoleta du XVII eme siecle. Visite tres interessante dont le point culminant est la bibliotheque qui contient de nombreux ouvrages originaux et meme l'integralite de l'encyclopedie de Diderot !! Les affiches placardees sur les poteaux de la ville, nous ne pouvions manquer la semaine mondiale du theatre a Arequipa. Plusieurs petites pieces se sont succedees, jouees par des troupes differentes, amateurs et professionnels. Nous n'oublierons jamais ces comediens aux mille visages qui nous ont fait rire aux eclats, emus, appris. ............................................................................... Au Museo Santuario Andinos de la Universidad Catolica de Santa Maria, est expose le materiel retrouve dans les tombes d'enfants sacrifies a la periode Inca. Cest sacrifices ont eu lieu au sommet des volcans alentours (Ampato- Chachani - Misti) suite a des catastrophes naturelles (tremblements de terre, eruptions volcaniques) en offrande aux Dieux, pour apaiser leur colere. Durant une partie de l'annee, la fameuse momie de Juanita est ainsi exhibee dans ce musee. Nous ne sommes pas venues lui rendre visite au bon moment puisqu'elle etait de sortie au laboratoire de l'universite. En revanche nous avons pu voir sa soeur ainee, Sarita. Toujours dans notre folie des grandeurs, nous nous lancons a l'assaut du Misti qui nous fait rever depuis la terrasse de notre auberge. Sac a dos et piolet en main, notre petit groupe de sept commence la montee a 3300 metres d'altitude a la queue leu leu guide par Jesus et Christian ... C'est donc en toute confiance que nous les suivons aveuglement dans cette ascension quasi divine. Quasi car nos deux guides s'averent avoir un petit cote diablotin qui ne se reflete pas dans leur prenom ... 1 er jour : Nous faisons connaissance avec le reste du groupe ; En tete Elise, francaise femme medecin. En queue Maurice, le hollandais pas volant mais bavard, Jose, l'espagnol croulant sous ses 7 litres de flotte. Au milieu, Jonathan, tranquille, l'amerloque super poli. Un groupe bien sympathique et surtout soude. La marche se fait lentement et par etape sans jamais oublier de bien boire, ce qui permet d'alleger notre ami Jose, et de manger. Malgre toutes les precautions, l'altitude se fait ressentir chez Chloe qui souffre de maux de tete et de nausees. Au fur et a mesure de l'ascension, la brume succede au soleil, il fait froid et c'est sous la pluie que nous montons les tentes a 4500 metres d'altitude. Trempes et frigorifies nous attendons sagement notre repas du soir, platree de pate et soupe populaire, prepare avec soin par nos deux samaritains. Il est 17 heures !! La nuit tombe, il est temps d'aller se coucher, d'autant plus que nous devons nous lever le lendemain a 1 heure du matin. La nuit : impossible de dormir a cause du froid, de l'humidite et des maux de tete incessants. L'eau est rentree dans la tente deffectueuse de Chloe et de Lisandre. Trempees jusqu'a l'os, elles se sont alors levees de tres mauvais poil le matin. Mais le spectacle des lumieres nocturnes de la ville d'Arequipa vues du haut de nos 4500 metres d'altitude - moment insolite - nous a tres vite redonne du courage pour la suite.

2 eme "jour" : Telle une procession, nous nous suivons de pres en file indienne, les mains dans les poches, les tetes rentrees au fond de la capuche, eclaires seulement par les lampes torches qui faiblissent au fur et a mesure de la marche. Nous montons en silence - chacun se demandant s'il sera capable d'aller jusqu'au bout - sur un terrain instable de cendre et de petits cailloux en formant des lacets sur le pan du volcan. Levana extenuee, commence a prendre du retard. Sur un mauvais pas elle trebuche et se fait mal a la cheville. La montee devient de plus en plus difficile pour elle et malgre les encouragements de Jesus, elle est contrainte d'abandonner. Chloe ne supportant plus l'altitude et ne voulant pas laisser Levana seule decide de rester avec elle. Elles se posent toutes les deux a 5300 metres d'altitude sur un "refuge", une plate-forme degagee et visible de loin, en attendant le retour de la troupe. La situation est assez insolite ; 4 heures d'attente a somnoler seules devant un paysage grandiose. Lisandre fatiguee, rattrape tant bien que mal le reste du groupe. Encore 520 metres a franchir, mais il leur faudra 4 heures pour le faire ... De la marche on passe a de l'escalade, de la cendre on passe aux grosses pierres, puis a la neige et enfin a la glace. Mais la motivation du groupe nous encourage mutuellement a aller jusqu'au bout et c'est avec fierte que nous atteignons le sommet du Misti encore actif.

La descente du volcan est plus facile et surtout plus rapide puisque nous descendons a grands pas sur de la cendre humide. Nous arrivons ereintees a Arequipa en milieu d'apres-midi. Ce jour-la nous avons marche 12 heures !!

Apres une journee de repos, c'est reparti pour un tour ! Nous partons deux jours dans la vallee du Colca. Evitant les tours organises, nous prenons le bus local decouvrant les joies des transports peruviens ... Durant 3/4 d'heure un type nous vante les merites de ses produits bios, cereales et baume contre les rhumatismes. Arrivees a Chivay, une foule de femmes toutes en couleurs investissent les lieux. En un rien de temps, le bus est plein a craquer et le nombre de passagers possibles est multiplie par trois. Charge a bloc, notre bus tangue sur les chemins caillouteux de la vallee, sur un air de musique folklorique qui nous perce les tympans. C'est avec le sourire aux levres que nous jouissons de ce spectacle incongru et que nous arrivons 3 heures plus tard a Cabanaconde ou nous passons une nuit. Le soir nous rencontrons Pablo, le proprietaire de l'auberge, qui nous donne quelques conseils de visite pour le lendemain et nous apprend a faire le Pisco Sour avec son frere Yamil. Le retour se fait en partie en bus et en partie a pied. Le temps est superbe, la vue sur la vallee est magnifique. Des condors nous accompagnent en passant au-dessus de nos tetes. En chemin, les femmes en costume nous proposent des figues de barbarie pour nous desalterer. Nous rentrons a l'auberge le soir enchantees par cette balade.

Ce sejour a Arequipa nous aura bien marque. Un seul bemol cependant durant la fete des enfants qui a eu lieu dimanche. Cette marche nous a paru etre le pretexte d'une manifestation contre l'avortement, encouragee par les institutions religieuses.

mardi 10 avril 2007

Arica

Nous retrouvons Valentina, qui loge en ce moment en pension chez Evelin et Manuel. Elle travaille pour ses recherches universitaires au musee archelogique de San Miguel, a 12 km d'Arica. A eux 3, ils forment une petite famille, dans laquelle nous nous joignons allegrement. Le papa donc, Manuel, nous emmene en excursion privee toute une journee jusqu'au Parc de la Lauca. Pour nous y rendre, nous avons traverse la Valle de la Lluta. Nous arretons souvent en chemin pour voir la reserve naturelle... ...les geoglyphes (1000-1400 ap JC) ; avec un peu d'imagination, vous pouvez observer des renards et des hommes sans tete, les portiers, indiquer le chemin.
A Pocanchile, son eglise et son cimetiere du XVIIeme siecle.
Les Eco-Tuly, une communaute krishna qui prone a travers le monde entier l'harmonie avec la nature. Ces droles de petites habitations sont des monasteres en terre cuite et en sucre.
Les cactus candelabraux dans la region de Cardone (ils ne s'exploitent pas sauf s'ils sont ramasses et morts, et utilises pour l'artisanat seulement).
Le site de Pukara de Copaquilla (1000-1300 ap JC), une forteresse qui servait de protection aux voyageurs. Dans la valle, on peut entendre notre echo.
A la douane, le village de Chucuyo et ses lamas a photographier...
... le petit village de Parinacota et sa celebre jolie petite eglise du XVIIeme siecle ...
... et enfin dans le Parc de la Lauca, nous admirons le lac de Chungara (a 4500 m d'altitude, le + haut lac d'Amerique Latine) et la Laguna Cotacutami avec son groupe de petis ilots. Au loin, les volcans Parinacota et Pamerape, que l'on apelle en langue quechua les Payachatas, ce qui signifie les deux freres.
Au retour, nous nous arretons pour dejeuner a Putre, capitale de la province de Parinacota, et gouter a la delicieuse viande d'Alpaca. Tout au long du trajet, Manuel nous a prodigue des conseils pour bien supporter l'altitude : manger leger la veille au soir (pas de viande ni de lait), eviter aussi de manger le matin, boire des infusions telles que le mate de coca, et surtout beaucoup, beaucoup d'eau. Enfin marcher tres tranquilement. Ce fut tres efficace dans l'ensemble, seulement quelques legers maux de tete pour certaines. Apres cette petite viree touristique, nous reprenons les chemins de l'ecole pour assister a l'universite d'Arica a une conference sur le temple Maya de Palenque. C'est avec un grand plaisir que nous sommes allees ensuite diner entre jeunes chercheurs dans le meilleur resto d'Arica,le Cafe del Mar. Nous sommes aussi allees visiter le musee archeo ou travaille Valentina et dans lequel sont conservees ces impressionantes momies Chincherro et ces poteries incas : Le jour de notre depart, le vendredi 23 mars, etait un grand jour. La presidente du Chili, Michelle Bachelet, se deplace a Arica-meme pour signer les accords aboutissants a la creation d'une nouvelle region, la region XIV, Arica-Parinacota. C'est un evenement tres important pour les habitants de cette future region car cela leur permettra une plus grande liberte de decision et d'action ainsi qu'un apport budgetaire important pour, entre autre, le developpement de la recherche (ref : http://www.aricaparinacota.cl/aricaparinacotaregion.php). Arica, notre derniere etape au Chili, mais aussi et surtout notre derniere etape a 4. Christelle fait demi-tour pour la France. Quant a nous 3, nous poursuivons notre periple au Perou, et c'est en cadillac que nous passons la frontiere !