Note preliminaire : O rage, O desespoir ... A notre grand regret, nous ne pouvons pas vous montrer nos jolies photos de cette ville magnifique puisque nous les avons en grande partie perdues mises a part quelques vues du Misti qui ont pu etre sauvees. Ainsi, pour illustrer ce post nous sommes allees chercher des images sur internet. " ¡ Are Quepay !" en Quechua signifie " Oui,fgi
"¡ Are Quepay ! " en Quechua signifie " Oui, nous restons ! " . En effet, nous ne nous sommes pas faites prier pour y sejourner une bonne semaine. Et c'est la que nous avons pete les plombs ... Nous nous sommes jetees comme des furies sur les etals, non pas de bouffe pour une fois, mais d'artisanat se laissant seduire par les tissus brodes typiques de la region, les chapeaux, les petits sacs, les ceintures, les chaussettes en poils d'alpaca ... Ca fait du bien !

Entre deux achats nous avons tout de meme pris le temps de visiter cette ville tres sympathique ... mais aussi tres differente de ce que l'on a pu voir jusqu'a present. C'est le Perou ! Ca grouille de monde, ca crie a tous les coins de rues. Les "Boseadores" des collectivos hurlent leurs listes de destinations avec un debit impressionant a faire sursauter les "Gringos". Difficile de se frayer un chemin a travers l'attroupement forme par la file d'attente. De meme, nous n'avons jamais vu autant de taxis se suivre a la queue leu leu dans des rues aussi etroites que celle de la Cruz Verde. Il n'etait pas rare de trebucher sur un chariot de humitas et de tamales, degageant une odeur allechante, pousse par une femme en habit traditionnel. On a adore !

Les batiments sont aussi impressionants. Ils en imposent par leur taille et surtout par leurs facades foisonnantes de motifs sculptes : les traditions espagnoles et incaiques sont intimement liees dans l'architecture arequipenienne. Unique. A Arequipa, on est frappe par le nombre considerable d'eglises toutes aussi jolies les unes que les autres, en particulier la cathedrale.
Une autre forme d'art dans lequel le metissage se fait ressentir, c'est la peinture de l'ecole cusquenienne dont nous avons pu admirer quelques tableaux a la Casa Moral, au musee historique et le plus beaux, au couvent Santa Catalina. Le couvent bati au XVI eme siecle, reconstruit a plusieurs reprises suite a des tremblements de terre, est une veritable ville dans la ville. Plein de petits recoins sont a decouvrir derriere ces murs en sillar (pierre volcanique typique de la region) colores de rouge, de bleu et d'orange. Nous nous sommes laissees charmees par le lieu et son calme spirituel.

Apres les soeurs, nous sommes allees rendre visite aux freres franciscains du couvent de la Recoleta du XVII eme siecle. Visite tres interessante dont le point culminant est la bibliotheque qui contient de nombreux ouvrages originaux et meme l'integralite de l'encyclopedie de Diderot !!

Les affiches placardees sur les poteaux de la ville, nous ne pouvions manquer la semaine mondiale du theatre a Arequipa. Plusieurs petites pieces se sont succedees, jouees par des troupes differentes, amateurs et professionnels. Nous n'oublierons jamais ces comediens aux mille visages qui nous ont fait rire aux eclats, emus, appris.
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Au Museo Santuario Andinos de la Universidad Catolica de Santa Maria, est expose le materiel retrouve dans les tombes d'enfants sacrifies a la periode Inca. Cest sacrifices ont eu lieu au sommet des volcans alentours (Ampato- Chachani - Misti) suite a des catastrophes naturelles (tremblements de terre, eruptions volcaniques) en offrande aux Dieux, pour apaiser leur colere. Durant une partie de l'annee, la fameuse momie de Juanita est ainsi exhibee dans ce musee. Nous ne sommes pas venues lui rendre visite au bon moment puisqu'elle etait de sortie au laboratoire de l'universite. En revanche nous avons pu voir sa soeur ainee, Sarita.

Toujours dans notre folie des grandeurs, nous nous lancons a l'assaut du Misti qui nous fait rever depuis la terrasse de notre auberge. Sac a dos et piolet en main, notre petit groupe de sept commence la montee a 3300 metres d'altitude a la queue leu leu guide par Jesus et Christian ... C'est donc en toute confiance que nous les suivons aveuglement dans cette ascension quasi divine. Quasi car nos deux guides s'averent avoir un petit cote diablotin qui ne se reflete pas dans leur prenom ...
1 er jour : Nous faisons connaissance avec le reste du groupe ; En tete Elise, francaise femme medecin. En queue Maurice, le hollandais pas volant mais bavard, Jose, l'espagnol croulant sous ses 7 litres de flotte. Au milieu, Jonathan, tranquille, l'amerloque super poli. Un groupe bien sympathique et surtout soude. La marche se fait lentement et par etape sans jamais oublier de bien boire, ce qui permet d'alleger notre ami Jose, et de manger. Malgre toutes les precautions, l'altitude se fait ressentir chez Chloe qui souffre de maux de tete et de nausees. Au fur et a mesure de l'ascension, la brume succede au soleil, il fait froid et c'est sous la pluie que nous montons les tentes a 4500 metres d'altitude. Trempes et frigorifies nous attendons sagement notre repas du soir, platree de pate et soupe populaire, prepare avec soin par nos deux samaritains. Il est 17 heures !! La nuit tombe, il est temps d'aller se coucher, d'autant plus que nous devons nous lever le lendemain a 1 heure du matin.
La nuit : impossible de dormir a cause du froid, de l'humidite et des maux de tete incessants. L'eau est rentree dans la tente deffectueuse de Chloe et de Lisandre. Trempees jusqu'a l'os, elles se sont alors levees de tres mauvais poil le matin. Mais le spectacle des lumieres nocturnes de la ville d'Arequipa vues du haut de nos 4500 metres d'altitude - moment insolite - nous a tres vite redonne du courage pour la suite.
2 eme "jour" : Telle une procession, nous nous suivons de pres en file indienne, les mains dans les poches, les tetes rentrees au fond de la capuche, eclaires seulement par les lampes torches qui faiblissent au fur et a mesure de la marche. Nous montons en silence - chacun se demandant s'il sera capable d'aller jusqu'au bout - sur un terrain instable de cendre et de petits cailloux en formant des lacets sur le pan du volcan. Levana extenuee, commence a prendre du retard. Sur un mauvais pas elle trebuche et se fait mal a la cheville. La montee devient de plus en plus difficile pour elle et malgre les encouragements de Jesus, elle est contrainte d'abandonner. Chloe ne supportant plus l'altitude et ne voulant pas laisser Levana seule decide de rester avec elle. Elles se posent toutes les deux a 5300 metres d'altitude sur un "refuge", une plate-forme degagee et visible de loin, en attendant le retour de la troupe. La situation est assez insolite ; 4 heures d'attente a somnoler seules devant un paysage grandiose. Lisandre fatiguee, rattrape tant bien que mal le reste du groupe. Encore 520 metres a franchir, mais il leur faudra 4 heures pour le faire ... De la marche on passe a de l'escalade, de la cendre on passe aux grosses pierres, puis a la neige et enfin a la glace. Mais la motivation du groupe nous encourage mutuellement a aller jusqu'au bout et c'est avec fierte que nous atteignons le sommet du Misti encore actif.
La descente du volcan est plus facile et surtout plus rapide puisque nous descendons a grands pas sur de la cendre humide. Nous arrivons ereintees a Arequipa en milieu d'apres-midi. Ce jour-la nous avons marche 12 heures !!
Apres une journee de repos, c'est reparti pour un tour ! Nous partons deux jours dans la vallee du Colca. Evitant les tours organises, nous prenons le bus local decouvrant les joies des transports peruviens ... Durant 3/4 d'heure un type nous vante les merites de ses produits bios, cereales et baume contre les rhumatismes. Arrivees a Chivay, une foule de femmes toutes en couleurs investissent les lieux. En un rien de temps, le bus est plein a craquer et le nombre de passagers possibles est multiplie par trois. Charge a bloc, notre bus tangue sur les chemins caillouteux de la vallee, sur un air de musique folklorique qui nous perce les tympans. C'est avec le sourire aux levres que nous jouissons de ce spectacle incongru et que nous arrivons 3 heures plus tard a Cabanaconde ou nous passons une nuit. Le soir nous rencontrons Pablo, le proprietaire de l'auberge, qui nous donne quelques conseils de visite pour le lendemain et nous apprend a faire le Pisco Sour avec son frere Yamil. Le retour se fait en partie en bus et en partie a pied. Le temps est superbe, la vue sur la vallee est magnifique. Des condors nous accompagnent en passant au-dessus de nos tetes. En chemin, les femmes en costume nous proposent des figues de barbarie pour nous desalterer. Nous rentrons a l'auberge le soir enchantees par cette balade.

Ce sejour a Arequipa nous aura bien marque. Un seul bemol cependant durant la fete des enfants qui a eu lieu dimanche. Cette marche nous a paru etre le pretexte d'une manifestation contre l'avortement, encouragee par les institutions religieuses.