PRÉLUDE ...

Bienvenue à tous ! Voici le récit au quotidien (ou presque...) d'un petit voyage de trois mois en Amérique Latine. Pas de thème particulier, si ce n'est découvrir, rencontrer, discuter, marcher, prendre son temps, vivre à cent à l'heure... être tout simplement ailleurs un moment. Des tours et détours sont prévus dans cette aventour que nous vous proposons de partager avec nous. Alors prenez votre ticket, c’est parti !

dimanche 24 juin 2007

La Bolivie- du 17 au 22 avril.

Cela fait déjà presque 2 mois que nous sommes rentrées en France et nous n'avions pas encore pris le temps de poursuivre l'écriture de notre récit. Alors voici enfin les dernières étapes tant attendues de notre voyage !

La première partie du trajet se déroule dans le calme, on longe le lac Titicaca et les paysages sont toujours aussi beaux. Arrivées à Tiquina on quitte le bus pour prendre une petite barque. Au loin, notre bus navigue sur un vieux bac au plancher tout craquelé et vermoulu… Effectivement, le poids des voyageurs risquerait de faire couler immédiatement l’embarcation !

Nous reprenons la route et arrivons enfin en vue de la Paz. C’est impressionnant ! Depuis l’altiplano, la ville, localisée au fond d’une immense cuvette s’étend de façon tentaculaire.

Finalement, nous apprenons que notre chauffeur ne nous déposera pas au terminal de la gare mais au cimetière… Du coup un groupe de grands-mères outrées se révolte et tente une mutinerie avec les voyageurs du bus… sans grande conséquence puisque la moitié les traite de folles. Ce n’est pas grave. Nous descendons et entamons alors une longue recherche pour trouver un logement. Il est 14h et on a très faim. Un taxi nous dépose devant une auberge malheureusement complète et nous plante là, sans un mot. C’est donc à pied que nous devons nous déplacer, chargées et affamées sous la chaleur urbaine. Nous traversons les longs marchés dans les rues jusqu’à l’église San Francisco. Pause. Finalement nous dormirons à l’hôtel « Happy Days », situé dans l’une des rues les plus touristiques de la ville. La chambre est agréable mais les gérants, quelques peu paranoïaques, barricadent les portes à triple verrou : passée 21h, c’est toute une histoire pour sortir ou rentrer de l’hôtel.

Le lendemain matin, nous partons avec un petit groupe sympa visiter le musée et le site archéologique de Tiwanaku. Le site est toujours en cours de fouille, et nous avons ainsi pu observer la rigueur du travail bolivien (quelle netteté dans les coupes !) et les techniques (notamment tout un système de tamisage très astucieux). La visite se poursuit avec une guide très intéressante qui nous explique les différentes phases de construction du temple, son fonctionnement, ainsi que les significations iconographiques des statues et stèles. Nous avons pu admirer la fameuse Porte du Soleil (elle nous a parut toute petite !) et le « Titi » (surnom affectueux dont nous avons affublé l’un des monolithes).

Viens la pause déjeuner (à base de viande d’alpaca accompagné… de riz et de patates, forcément) et nous en profitons pour discuter plus amplement avec la guide et Sebastian qui, venu tout droit des Canaries, nous raconte ses petites blagues dont il doit nous expliquer dix fois la chute pour qu’on les comprenne enfin !!! Après la visite, on décide de se retrouver avec lui dans un bar pour finir la soirée.

Le lendemain, journée au grand air dans la Vallée de las Animas, à une demi-heure de La Paz. Nous nous sommes retrouvées seules face à un paysage grandiose. Là, deux condors virevoltent au-dessus de nos têtes et se posent à trois mètres de nous (« Qu’est ce que j’peux faire ? J’sais pas quoi faire ! ») et reprennent leur envol. La balade se termine dans le canyon. L’érosion a crée dans la roche sableuse des immenses formes allongées, complètement fantasmagoriques, qui semblent veiller sur ce lieu particulier.

L’après-midi, dernière virée dans la ville autour de la Plaza de Armas avant de repartir le lendemain pour Cochabamba.

NB : Notre devoir civique se réveille quatre jours avant le premier tour des élections et 5 minutes avant de prendre le taxi, nous imprimons les programmes des candidats à la Présidentielle que nous examinerons dans le bus.

A Cochabamba, nous atterrissons dans le logement le plus glauque dans lequel nous avons été jusqu’à présent. Il est hors de question d’y rester plus d’une nuit. De toute façon, nous avions besoin d’une chambre avec télévision câblée pour suivre les évènements en France. Manque de pot, dans la chambre que nous avons choisie, la télé transmettait toutes les chaînes… excepté TV5 !

Deux jours seulement passés à Cochabamba, nous avons à peine le temps de visiter quelques monuments et les marchés artisanaux.

Nous nous sommes tout de même accordée une petite excursion à l’extérieur de la ville, visiter le village de Tarata.

On nous indique un peu plus loin petit village de potier, Huaynu. Ici on s’est fait avoir par la patron d’un atelier qui nous a demandé 30 bolivianos en échange d’une démonstration de tour par un de ses ouvriers, qui n’a lui-même que touché la moitié de l’argent. Nous avons tout de même pu bien discuter avec ce dernier, fort sympathique.

Au bout de trois mois, la fatigue se fait de plus en plus ressentir et nous supportons de moins en moins la nourriture locale, surtout à base de riz et de patates. On recherche alors des restaurants qui offrent plus de choix dans les menus et le dernier jour, on s’est fait plaisir dans un salon de thé à la française, avec crêpes aux épinards et croque-monsieur. On s’est régalé !

Complètement par hasard, en se baladant dans les rues de la ville, nous sommes rentrées un soir dans un théâtre qui proposait d’assister à un ballet. Les premiers tableaux nous on légèrement fait sourire, devant ces danseurs en tutu, mais finalement la deuxième partie, une représentation de Carmen, nous a bien plu.

Chaque soir, avant de se coucher, on débat passionnément entre nous trois pour enfin choisir un candidat. Nous comparons les programmes de chacun, thème par thème. A la veille des élections, nous ne savons toujours pas pour qui voter et c’est dans l’urgence que nous avons finalement fait notre choix et avons voté par procuration. Nous connaîtrons les résultats en différé puisque le jour même du premier tour des élections en France nous partons de Bolivie et entamons notre retour vers Buenos Aires, via Arica, au Chili.